L'Allemand s'est imposé vendredi contre le Britannique Arthur Féry (114e mondial), révélation du tournoi. À 29 ans, Alexander Zverev disputera sa première finale sur le gazon londonien — et grimpera au 2e rang mondial. Reste à savoir qui, de Jannik Sinner ou de Novak Djokovic, se dressera en face.
Un tie-break. Il n'aura pas fallu davantage pour refermer le conte de fées.
Jusqu'à 6 partout dans la première manche, Arthur Féry avait tenu. Mieux : il avait répondu au break précoce de Zverev (3-1) en recollant immédiatement à 3-3, sous les hurlements d'un Central acquis à sa cause. Puis une double faute. Puis un coup droit dans le couloir. Et le jeu décisif s'est transformé en exécution : 7 points à 0.
Après ça, plus rien. Le joueur le plus mal classé à atteindre le dernier carré à Wimbledon depuis un quart de siècle n'a plus jamais soutenu la comparaison avec le récent champion de Roland-Garros.
Féry quitte le Central sous l'ovation
Accolade avec son bourreau, serre-poignet lancé aux tribunes, sac sur l'épaule, sortie au ralenti. Le droitier de 23 ans, né en banlieue parisienne de parents français, a savouré ce que le public lui rendait.
Il y avait de quoi. Fils du président du FC Lorient Loïc Féry et de l'ancienne joueuse professionnelle Olivia Gravereaux, invité par les organisateurs — une « wild card » qui lui épargnait les qualifications —, le 114e mondial avait sorti Grigor Dimitrov en cinq sets, puis balayé Flavio Cobolli, finaliste de Roland-Garros, en trois manches.
Aucun titulaire d'une wild card n'était allé aussi loin depuis Goran Ivanisevic, 125e mondial et vainqueur surprise en 2001. Féry, lui, entrera pour la première fois dans le top 40. Dans une nation privée de Jack Draper et d'Emma Raducanu, blessés, ça vaut consolation.
Son vainqueur ne s'y est d'ailleurs pas trompé. Zverev a estimé, d'après ses propos d'après-match relayés par l'AFP, que le Britannique n'en était qu'au commencement, avec quinze années de circuit devant lui.
Zverev, treize victoires de rang et une renaissance
Le Hambourgeois, lui, n'avait jamais dépassé les huitièmes ici. Wimbledon a longtemps été son Grand Chelem le plus rétif — il l'a d'ailleurs concédé au micro : le tournoi qui lui avait toujours donné le plus de fil à retordre, et le voilà en finale. Extrêmement heureux, extrêmement fier.
Depuis son premier sacre majeur à Paris, il y a un peu plus d'un mois, Zverev aligne treize victoires consécutives. À 29 ans, l'éternel finaliste malheureux — US Open 2020, Roland-Garros 2024, Open d'Australie 2025 — semble avoir troqué sa fragilité mentale contre autre chose. Il doublera aussi Carlos Alcaraz, toujours diminué au poignet droit, à la 2e place ATP.
Premier Allemand en finale du simple depuis Angelique Kerber, sacrée chez les dames en 2018, il vise un premier titre sur gazon après trois échecs en finale (Halle 2016 et 2017, Stuttgart 2025).
Sinner ou Djokovic : le vrai patron se désigne vendredi
Face à lui, dimanche : le tenant du titre Jannik Sinner, ou Novak Djokovic, septuple vainqueur du tournoi et actuel 8e mondial. Les deux s'affrontent ce vendredi dans la seconde demi-finale.
Zverev a lui-même souligné l'évidence. Ce ne sera pas facile. Mais il faut y croire, dit-il — et c'est exactement ce qu'il compte faire.
Wimbledon 2026 – Demi-finale : Alexander Zverev (3e) bat Arthur Féry (114e). Seconde demi-finale : Jannik Sinner (1er) – Novak Djokovic (8e).
